La coupe du monde

La Coupe du monde est un événement planétaire qui dure seulement quelques semaines. Après le dernier coup de sifflet, les projecteurs s’éteignent, mais le football, lui, continue de vivre. Les clubs poursuivent leur travail, les fédérations continuent leur mission, les joueurs retournent à leurs championnats et les véritables supporters restent présents.

Malheureusement, à chaque grand événement, on voit apparaître des opportunistes qui se découvrent soudainement une passion pour l’équipe nationale. Certains recherchent la visibilité, d’autres des avantages ou des occasions de faire de l’argent. Pourtant, lorsque les stades étaient vides, lorsque les clubs manquaient de ressources et que les bénévoles se battaient pour faire avancer le football, ces mêmes personnes étaient souvent absentes.

En Haïti, nous avons parfois tendance à traiter le football comme la politique. On crée des clans, des groupes et des divisions inutiles. On cherche à contrôler ce qui ne nous appartient pas. Pourtant, le football possède des règles claires. La FIFA interdit l’ingérence politique dans la gestion des fédérations. Le sport doit rester un espace de compétition, de développement et de rassemblement.

Les musiciens ont leurs festivals, leurs carnavals et leurs grands événements pour briller. Les journalistes politiques ont leurs tribunes. Les mouvements sociaux ont leurs manifestations. Chacun possède son espace d’expression. Alors pourquoi vouloir occuper la première place lorsqu’il s’agit du football ?

Est-ce qu’un journaliste sportif pourrait exiger une accréditation pour participer à un festival musical ? Est-ce que le Violette AC, le Racing Club Haïtien ou l’Aigle Noir pourraient réclamer un char au Carnaval ? Tout le monde connaît déjà la réponse.

Le football appartient d’abord à ceux qui le font vivre toute l’année : les joueurs, les entraîneurs, les arbitres, les dirigeants, les bénévoles et les supporters fidèles. Cela ne signifie pas que les autres ne sont pas les bienvenus. Au contraire, tout le monde peut célébrer les succès de la sélection nationale. Mais il faut respecter le travail et la place de chacun.

Si nous voulons faire grandir le football haïtien, cessons les querelles inutiles et les luttes d’influence. Laissons chaque secteur de la société profiter de ses moments de gloire. Respectons le travail des autres comme nous voulons que le nôtre soit respecté.

Quand quelque chose fonctionne bien, soutenons-le plutôt que de chercher à nous l’approprier. C’est ainsi que le football haïtien pourra continuer à avancer.

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